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Sur un vieux thème:

 LA FORET

Forêt, étend ta sylve

Jusqu’en bordure des prés.

Protège bien les fées

Qui céans sont captives.

De ton ombre,

Abrite aussi les nymphes

Qui lors se recoiffent

Au bord des sources sombres,

Avant que le satyre,

Ce coquin qui gambade,

Leur offre quelque aubade

Pour mieux les faire courir….

Grand bois si profond,

Protège bien la terre,

Ce jusqu’à la lisière

Des champs de beau blé blond…

Que seul le promeneur,

Le poète ou le peintre

S’égarent sous tes cintres

De ramures de fleurs

Et viennent là s’étendre

Avec leur belle amie :

« Tu es si douce ma mie,

Qu’il me faut là te prendre,

Te donner plein d’amour :

Si blanche sous les branches,

Tant me plait de caresser tes hanches,

Poser ma tête sur tes seins de velours,

Et, rester là, jusqu’à la fin du jour »…

Hervé ALLIOUX Vire-La Graverie juin 2005, mai 2013

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4 réflexions sur “Sur un vieux thème:

    • J’ai eu une vieille histoire d’amour platonico-littéraire avec Ronsard, quand j’étais lycéen. Il m’en reste quelque chose…
      Connaissez-vous son prieuré, prés de Tours?

  1. Ca me fait penser à ça, sur un thème aussi vieux :
    Dans la forêt
    De quoi parlait le vent ? De quoi tremblaient les branches ?
    Était-ce, en ce doux mois des nids et des pervenches,
    Parce que les oiseaux couraient dans les glaïeuls,
    Ou parce qu’elle et moi nous étions là tout seuls ?
    Elle hésitait. Pourquoi ? Soleil, azur, rosées,
    Aurore ! Nous tâchions d’aller, pleins de pensées,
    Elle vers la campagne et moi vers la forêt.
    Chacun de son côté tirait l’autre, et, discret,
    Je la suivais d’abord, puis, à son tour docile,
    Elle venait, ainsi qu’autrefois en Sicile
    Faisaient Flore et Moschus, Théocrite et Lydé.
    Comme elle ne m’avait jamais rien accordé,
    Je riais, car le mieux c’est de tâcher de rire
    Lorsqu’on veut prendre une âme et qu’on ne sait que dire ;
    J’étais le plus heureux des hommes, je souffrais.
    Que la mousse est épaisse au fond des antres frais !
    Par instants un éclair jaillissait de notre âme ;
    Elle balbutiait : Monsieur… et moi : Madame.
    Et nous restions pensifs, muets, vaincus, vainqueurs,
    Après cette clarté faite dans nos deux coeurs.
    Une source disait des choses sous un saule ;
    Je n’avais encor vu qu’un peu de son épaule,
    Je ne sais plus comment et je ne sais plus où ;
    Oh ! le profond printemps, comme cela rend fou !
    L’audace des moineaux sous les feuilles obscures,
    Les papillons, l’abeille en quête, les piqûres,
    Les soupirs, ressemblaient à de vagues essais,
    Et j’avais peur, sentant que je m’enhardissais.
    Il est certain que c’est une action étrange
    D’errer dans l’ombre au point de cesser d’être un ange,
    Et que l’herbe était douce, et qu’il est fabuleux
    D’oser presser le bras d’une femme aux yeux bleus.
    Nous nous sentions glisser vaguement sur la pente
    De l’idylle où l’amour traître et divin serpente,
    Et qui mène, à travers on ne sait quel jardin,
    Souvent à l’enfer, mais en passant par l’éden.
    Le printemps laisse faire, il permet, rien ne bouge.
    Nous marchions, elle était rose, et devenait rouge,
    Et je ne savais rien, tremblant de mon succès,
    Sinon qu’elle pensait à ce que je pensais.
    Pâle, je prononçais des noms, Béatrix, Dante ;
    Sa guimpe s’entrouvrait, et ma prunelle ardente
    Brillait, car l’amoureux contient un curieux.
    Viens ! dis-je… – Et pourquoi pas, ô bois mystérieux ?

    • Merci pour ce magnifique poème qui traduit si bien les sentiments humains lorsqu’ils sont doux et en harmonie;
      J’adore cette belle musique là. Elle me fait penser à Hugo, et sur un autre registre, à Beethoven. Merci encore.
      Bon week end.

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