Les voiles de la Méditerrannée

Huile sur toile

Uncategorized

Les voiles de la Méditerrannée

Image
Uncategorized

Montmartre…Place du Tertre…Un souvenir

Image

Extérieur jour. Pas loin de midi. Je suis Place du Tertre. Les terrasses son déjà bien garnies. Il y a des touristes, des provinciaux, des badauds, des japonais, des lents qui déambulent avec de longs arrêts devant les chevalets des peintres…des dessins par terre sur de vielles couvertures. Des excités qui tentent de se frayer un chemin…Une humanité qui parle un peu toutes les langues…Des femmes, des gamins qui se font tirer le portrait, assis comme ils peuvent sur des pliants de camping qui en ont vu des tas, des tas de fesses avec des humains autour…

Tout à coup, j’avise une silhouette de dos…Une femme petite et menue, vêtue de noir…Une sorte de sarong vague autour d’elle. Un feutre duquel dépasse une longue tresse de cheveux blancs qui contraste fortement avec le couvre chef et les vêtements noirs. Elle a de grands anneaux d’or aux oreilles. Et au dessous de ses bas de pantalons, noirs également, à l’une de ses chevilles nues et bronzées, il y a un autre anneau, d’or également. Elle peint. Elle peint le dôme du Sacré cœur, au dessus des arbres et des maisons ocres de la place. Ce n’est qu’une ébauche, que je découvre par dessus son épaule gauche, avec en bas de la toile, en premier plan, la profusion colorée des silhouettes qui nous entourent. Je suis tout près d’elle. Les gens s’ écartent un peu pour me laisser passer. Je ne leur ai rien demandé…Ils sentent qu’il faut me laisser avancer, que j’ai quelque chose à voir avec cette femme peintre autour de laquelle ils font silence en voyant le miracle de la création s’accomplir. Le miracle lent et rapide à la fois. L’oeil, la main, la main, le pinceau qui étale formes et couleurs….La palette tenue à main gauche, avec son pincelier, et le vitrail des ses plages de peinture, qui luisent de leur structure onctueuse et fluide…Ca a l’air si facile, si naturel, c’est si beau du premier coup, même quand ce n’est encore qu’une ébauche…

  •  Tante Tisa ?

Elle ne s’est pas retournée tout de suite. Je superposais des mots qu’elle n’attendait pas à son rêve éveillé…Et pourtant, parce qu’il y a parfois des instants magiques dans la vie, des choses qui en quelques secondes effacent tous les moments difficiles, et parce qu’il y a parfois des petits miracles, elle s’est retournée lentement, elle m’a fait face.

Elle a relevé le bord de son feutre, avec la main qui tenait son pinceau, main fine et ridée :

  • Jean ? Tu viens voir Maud ? Et nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre, comme si elle était de ma famille, et moi de la sienne.

  • Elle est là bas.

Elle montrait la terrasse que domine la basilique, d’où on a une vue spectaculaire sur Paris.

  • Tu vois, elle dessine. Va la voir. Vous remontrez vers moi tous les deux, et je veux que ce soit en vous tenant la main …

Dieu, que son visage ridé de très vielle dame était beau ! Dieu, qu’il y avait de la lumière dans ses pupilles pâles, comme celles des vieux marins qui ont trop longtemps contemplé les jeux de la lumière sur les vagues…

Je suis descendu lentement vers la terrasse, vers Maud. J’allais tout doucement. Je me sentais d’une extraordinaire légèreté…Mon cœur battait, mais je n’avais pas d’alarme.

Maud a redressé la tête, alors que j’étais à quelques mètres d’elle.

  • Jean ! Oh Jean !

Notre étreinte a duré longtemps, très longtemps…Nous étions dans un moment suspendu et quand nous sommes revenus à nous, Maud a dit :

     – Il ne devrait y avoir que des instants comme cela.

  • Oui, c’est ce qu’a écrit Tolstoï. Il faut se concentrer sur le moment. Le passé n’existe pas, l’avenir pas encore. Il faut vivre le moment.

Maud a ramassé le carnet de croquis qu’elle avait laissé tomber.

Nous sommes remontés vers Tisa en nous tenant la main et j’ai su que je lui proposerai d’aller à Venise.

H.ALLIOUX (extrait du Crime de l’Ile d’Arz)

Par défaut
Uncategorized

Carnet de croquis

Les Embiez, vus du cap NégreUne aquarelle prise sur le motif :

C’est sur les Embiez que le commandant Cousteau expérimenta le premier scaphandre autonome à bouteilles et détendeur à la demande…On est aux origines du « Monde du Silence »…

La maîtresse ile, « La Grande Gaou », possède un joli petit port de plaisance, un musée océanographique, un raccourci du paysage méditerranéen, avec quelques vignes et de la garrigue dans les parties plates, sur les collines un peuplement de pins parassols.

C’est là aussi que Paul Ricard, propriétaire du domaine, a décidé de se faire enterrer sur une éminence face à la mer, sous quelques pierres simples. Curieusement, sa chèvre familière reste toujours au voisinage de la tombe et de la tour sarrasine.

A quelques encablures de Six-Fours ou de Toulon , ce petit monde est une oasis de calme et de paix.

Image

Par défaut