Uncategorized

Desert dream…

Cath_1

 Photo: Catherine ALLIOUX

 

 

     C’est quand il n’y a rien autour de nous que nous viennent, peut être, nos pensées les plus profondes, nos souvenirs les plus intimes et les mieux enfermés, que remontent nos désirs les plus aigus. Là, sans doute, réside l’attraction des « espaces ouverts », au premier rang desquels figure le désert.
     Mais notons l’ambiguïté du mot. Dans la langue française et au cours des siècles passés, à l’époque classique, le mot a son acception vraie, dont il a un peu dérivé depuis : « un espace sans hommes ».
    On l’emploie pour la montagne, les Alpes aux vallées reculées dont on pense que les habitants sot atteints de « crétinisme ». La haute mer est toujours « déserte », sauf lorsqu’on y croise quelque pirates, corsaires ou boucaniers, ou encore « l’anglais », le « godom » (« God damed it ! S’ exclame-t-il généralement). Les forêts inexplorées du Nouveau Monde sont des déserts, mais Chateaubriand y fera de belles rencontres, les Natchez, bien sûr… Tout cela par rapport à Paris, et le qualificatif de « déserts » peut aussi s’appliquer à toutes les campagnes un peu écartées du royaume.
    Aujourd’hui on pense en premier lieu au Sahara…Et on pense « aridité ». On raisonne en géographe… Théodore Monod fait remarquer qu’une caravane y « navigue », au sens propre, comme le firent les caravelles de Colomb sur un océan inconnu, dont les vieilles croyances faisaient dire qu’il pourait bien s’achever « au bord du monde »…Mais de nos jours nous avons le GPS, c’est moins romantique.

   J’imagine que dans ce genre d’espace, dont les dimensions ne sont plus à l’échelle de l’homme, au bout de l’horizon qu’on n’atteindra jamais, où le même paysage se renouvelle à l’infini, on découvre enfin le sens de la vacuité.
   C’est un concept que l’esprit humain a du mal à saisir, mais je crois que cet environnement peut nous mettre en rapport direct avec notre monde intérieur le plus profond et que notre âme y précipite et peut même s’y diluer, comme certains corps manipulés lors d’une expérience de chimie.
   L’esprit humain est-il soluble dans le desert ?

   Il est remarquable que les trois religions du Livre, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam soient nées du désert. Lieu singulier d’apparition des mirages, des tourbillons de sables évanescents, de la musique des vents perdus dans les canyons des massifs de roches volcaniques anciennes, peuplé d’étranges silhouettes émaciées, reliefs ruiniformes rongées par le sirocco dans des grès rouges, carcasses apparentes des restes de la Terre, nomadnocks, trapps et hamadas, houles dunaires infiniment renouvelées…. Dans cet espace scénique qui s’offre béant vers le ciel, tout est propice à l’errance sans limite des pensées. De même, l’infini des étoiles innombrables sur le vélum velouté de la voute céleste lors d’un nuit glaciale passée au bivouac, appelle à la méditation et à l’inclination vers la transcendance.

  Lorsque l’Humain se fait petit, sa juste dimension, Dieu se fait gigantesque, à la taille de Sa création. Lorsque les objets du quotidien ont disparu, et je pends la liberté d’appeler « objets » nos désirs consuméristes, comme l’attirail dont nous nos entourons pour disposer du confort, lorsque le désert nous fait retrouver ce que nous sommes réellement, nous simplifie, nous dénude, les traits de la Création renaissent enfin. Le désert nous réapprend le relativisme et nous reconstruit ne gardant vraisemblablement que l’Essentiel : « Ce qui est invisible aux yeux et seulement visible avec le cœur », pour paraphraser Saint Exupéry. Le même effet se ressent en haute mer…L’humain « civilisé » tend à disparaître…L’Homme réapprend la vie…

  Dieu, alors, tend à affirmer sa présence…
  Mais Dieu n’a pas de visage, pas d’histoire.
  « Tu ne feras pas d’image de Dieu » , ordonne le Coran, qui constate ce fait.
  Dieu est permanent, immuable et abstrait.
  Il ne crée rien. Il est Volonté, c’est tout.

  Et Lawrence d’Arabie a sans doute des raisons d’écrire : « Cette foi du désert paraît inexprimable en mots et même, il faut l’avouer, en pensée. Mais on la sent aisément comme une influence. Ceux qui passent dans le désert assez de temps pour oublier son espace et son vide sont rejetés fatalement vers Dieu comme vers l’unique refuge et rythme de l’existence »… Les Sept Piliers de la Sagesse.
Au désert, on va vers soi, comme on va vers Lui.

Par défaut
Uncategorized

Liberté ?

Le coucher du soleil,
Aux nuances magnifiques,
Or, et pourpre, et vermeil,
Offre les séductions de sa grâce authentique….
Mais plus l’astre s’enfonce,
Se cache sous l’horizon,
Plus une angoisse s’annonce
Qui trahit la raison :

Liberté ?

Liberté de croire ou de ne pas y croire…
Liberté d’aimer ou de ne plus aimer.
Liberté de tout voir…Liberté de l’espoir.
De poser son regard et de contempler
Les formes, sous les robes du soir,
Les formes , sous la petite robe noire…
Liberté de faire ses cheveux dérouler
Et d’une main avide encore les caresser.

Liberté de dire au fond ce que l’on est,
Et sans pudeur, dire la vérité.
Liberté d’emballer de paroles célestes
Tous ces tendres gestes…
Le sombre, le défendu par les esprits pervers,
Devenus dés lors une divine lumière…
Regarder sans trembler les perles de ce collier,
Que nous font des larmes sur l’oreiller…

Liberté de créer ou de désespérer,
De manquer de mots, pour son cœur exprimer…
Liberté de mentir. Plus rien à dévoiler,
L’âme abritée des morsures des idées.

Liberté de partir. Et après revenir.
Tout peut se pardonner dans un tendre soupir…
Monter droit dans les nuages, la liberté du ciel.
Choisir la haute mer, avec son goût de sel…
Et puisqu’on est, toujours seul quand on meurt,
Liberté de choisir, et le moyen et l’heure.
Liberté, d’une sombre élégance
Et pour toujours refuser cette danse…

Libre, enfin,
De choisir son destin…

Par défaut

Dessine moi un coeur

Sur l’écorce des arbres
J’ai vu un cœur
Sur des statues de marbre
J’ai vu un cœur
Sur le sable de la plage
J’ai vu un cœur
Sur le mur des cellules
J’ai vu des cœurs
Géants ou minuscules
C’étaient des cœurs…

Je les ai vus tatoués
Comme défis aux geôliers
Je les ai vus à l’encre
Sur les tables de classe
Et pas seulement des cancres
Ados à la ramasse
Tous en dessinaient
Amours désespérées

J’en ai vu à la craie
Même sur des pavés
Qu’on balançait aux flics
Pour leur faire la nique.
Y-a parfois une flèche
D’Amour qui les transperce
Arthur aime Lola
Quand elle remet ses bas
Benoît aime Louison
Et rêve de sa toison…

Partout j’ai vu des cœurs
Qui chantent le bonheur
Alors, tracer un cœur,
J’en ai jamais eu peur
C’était avant les tags
C’était après la drague
C’étaient, et c’est toujours
De belles histoires d’amours.

Uncategorized

Dessine moi un coeur

Image