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JOYEUX NOEL à tous et à toutes….

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Dessin de MOEBIUS in STARWATCHER AEDENA Ed

Suivez l’Etoile guidant nos vies.

Levez la tête ; voyez la bien.

Ayez le courage de vos envies ;

De vos attraits faites des liens.

Oui, parfois le chemin est rude !

La route monte, semée d’embûches.

Les questions dépassent nos études

Et nous laissent sots comme des cruches.

Mais montons, montons toujours !

Oui, la vie est un roman !

Vivons nos désirs au grand jour,

Car l’amour nous rend plus grands…

Protégeons ceux qui sont faibles,

Résistons à ceux qui sont forts.

Que l’amitié soit la régle.

Cultivons la comme un trésor.

En toute action soyons galants…

Les poches vides vont les seigneurs,

Et c’est le cœur qui nous fait grands.

Et à tous pleins de bonheurs…

L’Etoile est bonne, l’Etoile est belle,

Qui nous dit : « Joyeux Noël »…

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De l’Art. (Essai)

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L’art n’ a jamais eu, à mes yeux, le but d’imiter la nature.

Et même les hyper-réalistes n’ont jamais fait rien d’autre que de fausses photos, certes en s’imposant une rigoureuse et difficile discipline picturale pour obtenir des images, offertes à un public avide de « ressemblance », ce qui peut paraître une valeur pour les non initiés. Cela confine au « trompe l’oeil » qui est un genre plus ancien, au temps où « les Vanités » étaient à la mode.

Le but de l’art me semble un effort de création pour transcender la nature. Il s’agit d’en filtrer les traits les plus significatifs, à l’aune de sentiments et d’émotions tout à fait humains. Il me semble que c’est une démarche commune à toutes les formes d’art.

Ainsi, puisque je parle ici des arts en général, la musique de Beethoven est marquée par les élans du cœur de l’artiste. Bach composait pour le ravissement de l’âme, selon ses dires, et le piano de Chopin exhalait la toute puissance de ses souffrances au premier étage de la maison de George Sand, à Nohant…Mais il a décrit très clairement le sens de sa démarche pianistique : «Moi, je cherche à exprimer l’âme et le cœur de l’homme… ». On est donc assez loin de l’imitation de la nature. On peut me rétorquer que l’homme est dans la nature, qu’il lui appartient. Certes, mais c’est un autre débat qui nous éloignerait trop du sujet d’aujourd’hui.

L’art de Michel Ange transpire de son attirance pour les corps ; de même chez Donatello, dont je tiens le « David » pour la plus belle représentation du corps masculin, pour ce qui me concerne… Modigliani rend hommage à Jeanne Hebuterne dont il magnifie en les étirant les magnifiques linéaments de son corps de femme, abandonné en toute confiance sous son regard épris .

La peinture occidentale va des sujets religieux ou humanistes, jusqu’ à traduire la fascination qu’exerce la lumière pour les impressionnistes. Là, on retrouve la nature, souvent, mais transcendée, traduite par des regards « artistiquement orientés ». On interprète. On ne livre pas la matière et les éléments bruts. On filtre et on ne retient que le jeu des ondes colorées par ce qui les absorbe ou les réfléchit : synthèse soustractive de la peinture.

La déconstruction de la réalité est un autre effort des peintres, plus prés de nous, chronologiquement.

On pense alors aux pointillistes, aux cubistes ou autres ; à Signac, à Picasso, à Duchamp… L’abstraction, le non figuratif vient ensuite, qui ne retient plus, au nom d’une esthétique affranchie de la nature, en apparence , que des jeux de masses, de couleurs, de formes étranges, d’arrangements mathématiquement ordonnés d’objets parfois incongrus en apparence. Je pense à Kandisky, que je n’aime point mais respecte profondément.

A chaque fois, il s’agit de recherches esthétiques et plastiques, employant des moyens originaux mis au service d’un corpus d’idées nouvelles.

Toutefois, ce qui brouille le message artistique, à notre époque matérialiste, consumériste et orientée vers les produits financiers et avide de profits immédiats, c’est que l’art, en particulier la peinture, la sculpture et l’architecture, ces arts sont intégrés au marché des produits spéculatifs. Cela tend à offrir des « oeuvres » fort curieuses, abaissées dans leur contenu symbolique au niveau où s’arrête la sensibilité d’un public dépourvu de culture artistique. Difficile dès lors de ressentir une émotion. Un article consacré à Ron Muek faisait remarquer que sa « dame allongée sous un drap », œuvre en pur vinyl ou résine de synthèse, était bien une œuvre d’art, puisque longue de 3 mètres, elle ramenait le spectateur à l’état de l’enfant de cinq ans , debout au chevet de sa mère, dont le regard, (aussi vivant que celui d’un poisson à l’étal ), contemplait le vide sidéral des esprits de notre temps…à mon avis)…On peut apprécier Ron Mueck. Je ne le déteste pas. J’ai vu d’autres drôleries de ce tonneau à la fondation Pinault à Venise…Je conviens que j’ai passé un bon moment. Mais ce que j’ai photographié, c’est le petit enfant au lézard à la sortie du musée.

Sa naïveté toute nue m’ a touché. C’est pourquoi je l’ai mis à la une de cet article.

Ces temps çi, Jeff KOONS expose ces œuvres à Beaubourg. Je ne montrai pas de ma province pour cela. La presse, spécialisée où non, m’en dit et m’en montre assez. Cela me suffit ! Les « oeuvres » sont réalisées par cent personnes travaillant dans une entreprise qu’on dit « futuriste », et digne de la NASA, puisqu’aussi bien les « artistes » de ce début du XXIe siècle, sont en tenue quasi de cosmonautes, dans certains ateliers. Il y a aussi une section de modélisation 3D. C’est fascinant : on fait des cœurs gonflés et rutilants comme les camions du « Fire Departement » de la « Grosse pomme ». Mais ils sont vendus très chers, très très chers. Leur gigantisme n’a d’égal que l’importance du compte en banque des « Happy fews » qui les achètent. Ces cœurs sont vides. C’est peut être la même chose pour ceux des acheteurs, allez savoir ?

Selon le critique d’art Jed PERL, dans le « New York Review of Books », cité par Connaissance des Arts (dec 2014 page 69), Jeff Koons aurait du talent pour « …recycler l’évidence, produisant des versions surdimentionnées de trucs pas chers dans des matériaux extrémement coûteux… ».

Andy WARHOL a bien eu un immense succès avec une boite de Coca Cola.

Du moment qu’il y a un marché…Moi, j’aurai tellement aimé être petite souris dans l’atelier de Verocchio lorsqu’il avait Léonard de Vinci comme élève. J’ai vraiment des gôuts de luxe…

Je conclurai avec une pensée d’un blogeur canadien dont j’aime beaucoup l’esprit :

« Il n’est qu’une ultime œuvre d’art : être soi. L’art sert alors à retrouver la petite route perdue de l’inconscient où la partie invisible de ce que nous sommes vraiment. »

Merci Gaëtan.

(LA VIDURE – Blog de Gaëtan PELLETIER, sur Worldpress.)

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La question de la croyance, comme de la non croyance, sont des thèmes de reflexion difficiles.

Croyance en Dieu, croyance en l’existence de l’âme, qui serait un état de conscience immortel, ce sont des sujets qui n’offrent pas l’appui de la preuve et ouvrent le champ d’une spéculation métaphysique sans doute, d’une rêverie, peut-être.

Pour ma part j’ai envie de participer à ce vieux débat en disant ce que je récuse et en décrivant ce qui me fait question. Il faut préciser : mes « vérités » sont relatives à moi-même, marquées par des préoccupations occasionnelles ou pérennes et liées à mon histoire personnelle. Je me place donc sur le même terrain que Montaigne : «  Je suis moi-même la matière de mon livre». Les vérités des autres sont, je le crois, de la même « eau », mais avec des présupposés qui peuvent être différents, et je pense probable que ce que nous appelons « Vérité », avec un grand V, résulte d’un ensemble de concepts formant un corpus propre à chaque individu, plus ou moins adapté à un lieu, une culture, un moment de l’Histoire, une position sociale, un niveau intellectuel, voire « l’état de ses artères », tout ceci porté par un esprit humain. ….D’ailleurs le terme «d’âme » est souvent un quasi synonyme du terme  « esprit ». Les vérités de mon esprit, sont telles qu’il me plaît quelles soient, mais leurs fondements s’appuient sur ce qui a formé ma personnalité.

Disons aussi que chaque fois qu’on veut élucider la pertinence d’une croyance, on constate qu’on n’a pas beaucoup d’arguments pour le faire, pas de faits scientifiques ou simplement de faits incontestables, pas de « peuves » comme on le dirait dans un prétoire. On entre dans le domaine de la dialectique, parfois du merveilleux, souvent de la « révélation ». On se remet entre les mains des théologiens, et en ce qui concerne les religions dites « révélées », des affirmations d’un prophète et de ses compagnons ou apôtres. Et si on prend en compte les sectes diverses, en considérant que les sectes sont des religions qui n’ont pas encore « réussi », on se remet alors à la discrétion de gourous dont le désintéressement est souvent douteux…et les motivations parfois malhonnêtes…Il en est de même des idéologies qui se parent d ‘un principe de réalité, s’appuient sur une analyse « historique », « économique » et se veulent « didactiques », alors qu’elles reposent sur une construction intellectuelle souvent brillante mais plus ou moins discutable scientifiquement, à l’aulne des sciences dites « humaines ». Hors, face aux questions que posent la mort et l’existence d’une immortalité de l’âme, comme celle d’une intelligence supérieure et organisatrice de l’Univers, questions qui interpellent les hommes depuis les fabuleux lointains du temps, nos pouvoirs d’investigation sont limités, nous laissant seulement, au final, la liberté de croire ou de ne pas croire.

Croire est une opération magique de la pensée qui consiste à établir comme réalité des formulations de l’esprit, des sensations captivantes mises en mots et parfaitement improuvables la plupart du temps. Jésus est ressuscité. Parfait. Pouvez vous me faire connaître un ressuscité ? Si le phénomène s’est produit, il doit être reproductible. C’est comme cela qu’on établit des vérités scientifiques. Or, ce n’est pas possible. Pourtant nous aimerions que cela soit possible. Il se peut même que nous en éprouvions la nécessité pour calmer nos angoisses. Ainsi ce principe de nécessité me semble reposer sur le besoin de se rassurer face à un inconnu terrible. Parfois aussi, mais pas toujours, cela permettrait de chasser un sentiment de culpabilité, né d’avoir si imparfaitement conduit nos vies, dont la durée nous a été comptée, sans qu’on en connaisse le terme, mais en en sachant la fin inéluctable…Que de temps perdu ! C’est une sale blague de savoir…que l’on va mourir et que tout va disparaître…
On a beau avoir tout l’humour du monde, au fond de soi, ce n’est pas une perspective qui fasse vraiment sourire.

On l’a compris, je ne crois pas aux religions. Elles me semblent constituer des instruments de pouvoir et certaines acceptent, ou ont accepté, de tuer au non de Dieu, ce qui pour moi est injustifiable et consiste à se ranger ipso facto parmi les barbares. J’ai donc choisi comme illustration emblématique de mes réflexions sur la croyance, le tableau de Judith et Holopherne, qui atteste pour moi des dérives inadmissibles de la croyance et à quoi peuvent être conduits des adeptes. La scène représentée est inspirée par l’Ancien Testament ( Livre de Judith,13:8-11). Elle représente la veuve Judith qui, après avoir séduit le général assyrien Holopherne et que celui-ci ait beaucoup trop bu, l’assassine dans le lourd sommeil de l’ivresse pour sauver son peuple d’un tyran. On y voit généralement le symbole de la vertu triomphant du mal. C’était aussi, à l’époque où vivait Artémisia Brunileschi, l’auteur, à cheval entre le 16ème et le 17 ème siècles, le symbole de la Contre Réforme catholique, luttant contre les Protestants, considérés comme des hérétiques. La défense de la « vraie » religion justifiait de tels assassinats épouvantables. Il a du falloir beaucoup de force à Judith, pour trancher cette tête. Et tous les moyens lui ont été bons pour arriver à ses fins : la séduction, la ruse, et le geste atroce et sanglant. De nos jours où de tels faits se produisent encore dans des pays peu éloignés, les médias sont plus pudiques qui parlent de « décapitation » des orages, pour éviter de dire que ce sont des « égorgements ». On peut constater que des guerres de religion perdurent, avec les mêmes crimes. On tue toujours au nom d’un Dieu…Le progrès moral est bien à la traine des progrès matériels et techniques de la modernité.

Mais la croyance a-t-elle besoin des religions pour exister ? Il me semble que non.

Voyons ce qui peut justifier la croyance en « l’au delà »…:

Il m’est difficile d’admettre que la pensée, faite « esprit », n’existe plus après la mort, car c’est l’assujettir au biologique seul (la destruction définitive de notre corps entraînant la disparition de la pensée). Pourquoi le biologique fabriquerait-il de la pensée, de la conscience, tout en nous offrant, en particulier et finalement, de savoir que nous allons disparaître physiquement, et les activités de notre conscient avec? Cest d’une grande cruauté.
Je n’envisage pas la disparition de l’inconscient, car lui ne semble pas, par définition connaître la mort et en tous cas il ne nous en dit rien sur lequel nous puissions raisonner. De façon incidente songeons aussi que nul n’est mort dont on lit, regarde et écoute les œuvres…On n’est pas mort. On n’est plus visible, c’est tout. Abonné absent définitif, pour peu qu’on ait laissé un souvenir derrière soi. Ceux qui ont connu les expériences de « mort imminente » nous racontent qu’ils se sont vus flotter en dehors de leurs corps. Improuvable, mais curieux. De même, on a constaté, mais dans des conditions scientifiquement douteuses, qu’ après la mort, chaque corps aurait perdu 21 grammes, et que ce poids serait constant quelque soit la morphologie des individus. Est-ce le « poids »  de l’âme ? Idée inspirée par « la pesée des âmes » dans la religion de l’ancienne égypte, fresque qui était présente dans mon vieux livre d’histoire…

Je suis admiratif de ce que la Nature a réalisé et réalise sous mes yeux, et qui est d’une grande beauté, avec un fonctionnement toujours équilibré tendant vers le principe de la reproduction et de l’adaptation aux milieux (biômes ), et de plus, optimisant les rapports entre les êtres vivants de manière à ce que se constituent des chaînes biologiques entre vivants. L’homme est le seul être vivant à tenter de s’affranchir du milieu naturel, comme si sa finalité était d’être hors milieu …? Est-ce cela aussi qui lui donne une soif du divin, un désir d’immortalité d’une partie de lui même ? En tous cas, le vertige du pouvoir, chez certains passe aussi par cette déviance : l’homme roi du monde, à l’image de Dieu, peut disposer à son gré de la création.. Pourtant, si l’Humanité disparaît un jour, et elle l’aura bien cherché, je pense que la nature repartira avec d’autres organismes et de nouveaux sens, et de nouvelles formes de pensée et de savoir…De nouveaux aspects physiques aussi…Ce seront alors les « nouveaux rois du monde ». Les espèces s’éteignent, nous le savons. Et la nôtre ? Mais si l’homme réussit à s’échapper du milieu, ce sera peut être en perdant sa matérialité…Curieux, non, quand on pousse un peu loin le raisonnement ?
Et s’il devient immatériel perdra-t-il la capacité de penser ? Ou deviendra-t-il immortel ? Il paraît que certaines méduses le sont bien. Que la matérialité physique soit indispensable à la pensée ne semble pas forcement obligatoire. Voilà une question que l’on pourrait se poser.

Ce qui est derrière ce principe d’organisation de la nature, qui semble trop merveilleusement agencé pour être le fruit du seul hasard, n’est accessible pour moi que par la transcendance. Qu’est-ce que la transcendance ? Je vais tenter de définir ce que j’entends par là.
Pour le moment, le but final de la Création échappe au raisonnement scientifique. Ce qui est beau et bon dans l’organisation de la nature nous met sur la voie de ce dépassement là, que j’appelle « transcendance », qui est un dépassement du concept de « l’utilité » des choses. Lorsque la mise en équation n’est plus possible, elle nous crée obligation d’accepter le point ultime où se mêlent intelligence et sentiments comme valeurs à défendre car ultimes refuges contre le désespoir. En d’autres termes, et à titre d’exemple : si nous décrétons qu’une rose est belle, nous lui conférons une signification esthétique. Son image est rangée dans notre esprit dans la catégorie des choses qui flattent nos sens en nous donnant une sensation de plénitude et de bonheur.
Mais la Nature ne sait rien de la beauté. Elle juge utile de donner à la fleur une disposition qui attire les abeilles, par exemple. L’abeille a le profit. Nous, nous avons le plaisir. Ce genre de sentiment disparaît-il avec la mort ? Sans doute. Mais l’abeille ne sait pas qu’elle doit mourir, la rose non plus. Nous si. Et nous détestons cette idée de perdre et la rose, et son souvenir. En quoi cela serait-il incontournable ? Si nous suivons la pente de la transcendance, nous changeons de registre et pensons que puisque la beauté de la rose est immatérielle, pourquoi notre esprit qui l’est, lui aussi, ne garderait-il pas le souvenir de la beauté des fleurs. Quel serait l’inconvénient pour la Nature. Aucun. La Nature n’a rien à faire directement de notre amour des fleurs. Vous me direz : mais les roses, tu les cultives. Tu tailles tes rosiers, tu les nourris d’engrais, tu essaies de les débarrasser des pucerons. Tu remplaces la Nature. Tu crées une nature artificielle, en partie, pour ton bonheur.
Je répondrai : objection rejetée. Je peux aimer les pissenlits. Ils poussent tout seuls. Je ne m’en occupe pas. Et si je suis un créateur futile de variétés de roses cela signifirait que je sois un créateur… ? Cela était-il prévu par la Nature. En tous cas c’est l’effet d’une pensée appliquée à une autre forme de vie que la mienne qui entre ici en jeu. Et l’amour (je ne parle pas du sexe), qui est un sentiment, une valeur en lui même, est-il si naturel que cela ? Je ne sais. En tous cas, lui aussi est « transcendantal », et pas seulement utilitaire comme agent de reproduction biologique . Mais je sais que je peux continuer à aimer des êtres qui me sont chers et qui ne sont plus là . Pourquoi, « disparu », je ne continuerais pas à aimer ceux qui comptaient tellement pour moi ? Et je peux penser que certains ou certaines continueront à m’aimer. Qu’est-ce qui nous relie ?

Toutes ces réflexions peuvent justifier la croyance en une possible immortalité de l’âme. C’est à dire une part immatérielle de ma pensée et de mes sentiments, invisible aux yeux, mais sensible au cœur. Comment le démontrer. Je pense qu’on ne peut pas, ce qui ne veut pas dire qu’on est dans l’erreur. Pascal a raison lorsqu’il écrit que la croyance relève du pari. Et nous ne pouvons pas perdre, car si Dieu n’existe pas, nous n’aurons rien perdu (en tant qu’agnostiques) : on ne peut pas perdre ce qui n’existe pas, voyez-vous … Et si nous parions qu’Il existe, quelle que soit notre position et quelles que soient Sa fonction et Sa forme, nous n’aurons rien perdu non plus, puisque nous ne le voyons pas . Dans tous les cas, cela ne nous empêchera pas de nous concentrer sur notre vie quotidienne et de la construire belle, avec l’Amour comme transcendance, par exemple.

Nous avons de toutes manières notre libre arbitre. Certaines religions nous le tolèrent. Mais nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour en disposer. Aborder ces questions ne retranche rien de notre liberté fondamentale, innée. Un principe d’organisation de la vie ne nous empêche pas de choisir de le rejeter ou d’y adhérer.
Nous avons droit à la révolte et pouvons diagnostiquer l’ Absurde de nos vies. (Je pense à Camus). Cela ne concerne pas la croyance, mais le jugement que nous portons sur ce et ceux qui nous entourent et interagissent avec nous. De plus, à mes yeux, une des grandes richesses de l’ Homme est de pouvoir être contradictoire. C’est justement ce que les religions combattent. Elles enfoncent la culpabilité du péché dans le cœur de l’homme, pour avoir barre sur lui. Elles vont vers une « pensée unique » et conduisent à un comportement normé. Elles imposent une morale, des « commandements ». Parfois, elles atteignent les sommets de l’intolérance en prétendant avoir le droit de convertir par la force et de supprimer « les Infidèles ». La place laissée au vivant, le sort fait aux animaux en particulier, que l’on peut exploiter souvent de manière fort cruelle, le peu d’attachement au biologique, montre à l’envie que les religions laissent à l’homme certains « défoulements » : la déprédation, et la prédation, l’exploitation de la force vitale, sont des activités tout à fait licites aux yeux de certains croyants. De même si on réfléchit au sort fait aux femmes dans beaucoup de religions, on constate des formes d’oppression inacceptables, voire ignobles : La femme fait peur au religieux car elle a des pouvoirs immenses : porter la vie et mettre au monde. De plus, elle est souvent plus fine que ces lourdauds de mâles. Et l’acte d’amour détourne de la crainte de Dieu, et fait oublier la crainte de la mort, pour un temps.
Pour toutes ces raisons, la femme considérée à travers le filtre du religieux, doit être assujettie.
La plupart des religions ont une peur panique de la sexualité. Au lit, époux ou amants échappent à l’inquisition morale. De plus ils se donnent des plaisirs qui dépassent la seule nécessité reproductrice. Ils échappent même à la peur momentanée de la mort, je viens de le dire. Ils sont hors d’atteinte par la magie de leurs émois. Aucun système d’ordre ne peut échapper au désir de tout contrôler et même de s’immiscer dans la sphère privée.
Ne parlons même pas de la manière dont les religions considèrent l’homosexualité…
Et Dieu, dans tout cela, miséricordieux, pardonnant aux offenses (mais y a-t-il offense?), où est-il ? Absent, sourd et aveugle. Pervers d’avoir muni les hommes et les femmes de tant de désirs que les religions leur refusent, sinon limitent…

Heureusement, on peut ne pas se laisser avoir :

Notre esprit et notre cœur sont assez vastes pour gérer cet ensemble de préoccupations.
Et nous pouvons cultiver une éthique qui rend nos rapports aux autres, apaisés, voir joyeux, en tous cas tolérants. Et si on croit, on peut croire vraiment et pour soi sans vouloir régenter l’ordre d’un monde, dont je disais plus haut qu’il est possible qu’il provienne d’un interstice très mince qui existerait entre le scientifique rigoureux et matérialiste et la sensibilité spirituelle. Et à ce propos, j’aimerai citer un fragment d’une lettre de Diderot à Sophie Volland (15 octobre 1759). Je trouve ce passage ravissant :

«…Le sentiment et la vie sont éternels. Ce qui vit a toujours vécu et vivra sans fin. La seule différence que je connaisse entre la mort et la vie, c’est qu’à présent vous vivez en masse, et que dissous, épars en molécules, dans vingt ans d’ici vous vivrez en détail. (…)
Et moi, je disais : Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l’un à côté de l’autre ne sont peut être pas si fous qu’on pense. Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s’unissent. Que sais-je ? Peut-être n’ont- elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état. Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière au fond de l’urne froide qui les renferme (…)
S’il y avait dans nos principes une loi d’affinité, s’il nous était réservé de composer un être commun ; si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous ; si les molécules de votre amant dissous venaient à s’agiter, à se mouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature ! Laissez-moi cette chimère. Elle m’est douce. Elle m’assurerait l’éternité en vous et avec vous… »

Personnellement, je me fiche pas mal de ce qu’on appelle Dieu, et qu’on pourrait aussi bien appeler le Grand horloger de l’Univers ou Tintin. Mais je crois que dès le Big Bang, pensées, sentiments, principes d’altérité, et j’en passe, étaient présents et en devenir…et que là réside le Grand Secret. Qu’il n’ y avait peut être pas que de la matière, de l’énergie et des photons… qui voyagent tellement vite qu’ils ont le don d’ubiquité. Onde et particule à la fois. E=m.c2, etc….
Vivre au jour le jour en célébrant la beauté des moments, la magnificence des amours, me semble présent chez Epicure, pour ce que j’en sais. Et c’est une belle manière de conduire sa vie et d’être présents aux autres.
Toutefois, vivre pleinement , c’est aussi chaque jour tenter de s’améliorer, non pas de posséder plus, mais de penser plus. Et penser plus, c’est aussi s’engager dans les chemins hasardeux,… de la croyance.

En conclusion, ce qui me terrifie dans la mort, et les religions ont toujours spéculé sur cette peur là pour assoir leur autorité, c’est non seulement de ne plus sentir, c’est de ne plus penser…Et j’aurai beaucoup à reprocher à Dieu, s’il existe et me demande des comptes. Son indifférence aux souffrances, Son silence face à la barbarie et aux génocides, la difficulté dans laquelle il nous laisse de se faire comprendre et de comprendre les autres, me feraient le regarder sans baisser les yeux. Peut- être Nietzsche a t-il raison et Dieu serait-il dèja mort ? Je laisserai au lecteur le dernier mot, selon ses inclinations que je respecte profondément.

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De la croyance (Essai)

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