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De l’Art – 2 – (essai)

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L’idée que dans beaucoup de domaines il existe des éléments de permanence, des thèmes récurrents, m’a toujours semblé profondément rassurant. Il en est ainsi des sources d’inspiration des artistes qui se transmettent de siècle en siècle et constituent des éléments qui charpentent ce que nous appelons « une civilisation » ou encore « une culture ». Cela ne s’applique pas à la seule civilisation occidentale, mais aussi à toutes les autres présentes sur la planète. Certes, les cultures sous-tendant les « Arts premiers » nous sont moins faciles à saisir si nous ne sommes pas spécialistes. Mais de toutes manières, les racines des formes artistiques contemporaines ont souvent aussi à être expliquées.

Lors d’un court séjour à Venise en octobre 2012, j’ai eu l’occasion de visiter le Musée Guggenheim situé à l’extrémité méridionale du Grand Canal, à quelques pas de l’église Santa Maria della Salute.

Le Musée est un bâtiment bas aux lignes épurées. On entre par un joli jardin arboré, (Venise est une ville verte pleine de jardins secrets dont on parle rarement), et ce jardin renferme une collection de quelques belles œuvres contemporaines.

Je suis tombé en arrêt devant une statue de Pericle FAZZINI (1913-1987) dont je publie ci dessus quelques photos.

J’étais attiré par la plastique très dépouillée de ce bronze et par l’attitude de concentration et de repli sur soi qui émanaient de la statue. Elle protégeait ce qu’elle pensait, son monde intime dans l’univers clos de ses bras, de ses jambes, de sa tête inclinée dont on ne pouvait qu’à peine distinguer les traits.

Ces traits étaient-ils fins et réguliers ? On ne pouvait le savoir. Etait-elle triste ? Pleurait-elle ? Comment le deviner ? Si elle avait été une personne de chair, nul doute que je me serais penché sur elle, pour élucider ce mystère. Au moins aurais-je posé une main délicate sur son épaule, pour qu’elle redresse la tête et que je voie ses yeux. Elle ne boudait pas, comme d’aucuns l’auraient pensé.

Elle n’était pas craintive. Sa manière d’être assise, comme une estivante sur une plage, n’évoquait nullement le repli foetal de qui s’attend à subir la violence. Il y avait là un mystère…

Et puis j’ai regardé la plaque qui donnait le titre de l’oeuvre : « Grande donna seduta Sibilla »

La Grande Dame assise…La plaque indiquait aussi que l’original, sans doute en terre, avait été réalisé en 1947, mais coulé en bronze, seulement en 1956…prés de 9 ans plus tard…Nouveau mystère…Et puis, la plaque portait aussi un mot qui ouvrait une piste pour le thème traité : « Sibilla », Sibylle, en français.

De retour chez moi, j’ai entrepris un petit travail de recherche qui m’a beaucoup amusé et justifie mon propos sur la permanence des thèmes.

De nombreux artistes, à partir de la Renaissance, se sont inspirés de l’Antiquité et de la mythologie grecque et romaine. C’est chose entendue. Mais qu’est-ce qu’une sybille ? C’était une devineresse. Mais à la différence de la Pythie du temple d’Apollon à Delphes qui était attachée au sanctuaire, une sibylle était itinérante.

Bien sûr, elle jouait les oracles, interprétant les paroles du dieu interrogé pour les rendre intelligibles aux pauvres humains. Elle tenait en fait des propos ambigus. Son discours était assez versatile pour ne pas se laisser enfermer dans notre logique maladroite de questionneurs pas toujours bien intentionnés. Elle disait l’avenir, thème éternel de ce que nous voudrions tous savoir. Elle faisait aussi des prophéties qu’il fallait interpréter. Vous savez bien, quand nous ne voulons pas répondre à une question….nous nous en tirons parfois par des propos « sibyllins »…Il y a des personnes qui sont très fortes à ce jeu…

En fait, il n’y a pas eu qu’une sibylle. On en comptera jusqu’à douze…sans parler de celle figée dans le bronze par l’artiste italien. Mais sachez, je plaisante, que les sibylles étaient des êtres immatériels, des apparitions, au même rang que les nymphes ou les muses…

Sachez aussi que son prototype, apparu aux temps post homériques (VIIIe siécle B.C.-) fut Cassandre , célèbre en Ionie non loin du mont Ida et de la plaine d’Illion.

Ce qui en fait est très curieux, c’est que l’église chrétienne médiévale l’adopte en tant que prophétesse. A la Renaissance, à Sienne, le pavement de la cathédrale s’orne de dix sibylles messagères de la révélation. Et en pays Catalan, « le chant de la Sibylle » fait partie de la liturgie de Noël…

C’est donc la concentration recueillie de la statue qui m’a frappé dans le jardin Guggenheim. Je ne vous dirai pas la révélation qu’elle m’a peut être faite…Car là, nous entrerions dans le domaine privé et je suis partisan du « keep your secrets, secrets »…

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Peint par surprise…

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Vous mangez un gâteau.

Un bon gâteau, comme je les aime…au citron.

Vous débarrassez la table, après…Il vous reste le carton sur lequel le pâtissier avait posé le bon gâteau. Vous avez encore le goût du citron dans la bouche. Tout le monde jette ce carton à la poubelle.

PAS MOI ! Je l’essuie un peu…Il reste du jaune…Tant mieux. Le Jaune, c’est beau !!

Vous prenez vos pastels. Vous barbouillez…Un peu de vernis. Quelques petites lignes au feutre. Vous savez, ceux avec lesquels Hugo PRATT dessine si merveilleusement…Oui, il est mort…Pour moi, il est toujours vivant…

Et les personnages viennent, apparaissent, jaillissent: Voyez….

Dites-moi combien ils sont, qui sont-ils les uns pour les autres?

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Le radio

IMG_0025 La tour radar du Stiff dans la brume – OUESSANT

Je suis de ceux qui parlent au vide.

J’envoie mes pensées dans l’éther…

Je suis ce solitaire avide

De ces contacts de mystère…

Je jette en l’air ma musique.

Je morse, j’accorde, je module…

Je tisse des liens d’amnésique,

Je code et décode et formule…

Je joue du manipulateur,

Je trille les points, je tire les traits,

Et cela fait mon bonheur,

Limité et bien imparfait.

Je suis coupé de toute chair,

Je suis retranché sur les ondes

Et n’obtiens de réponses claires.

Je suis bien seul en ce bas monde.

Je n’envoie pas de SOS.

Ce monachisme me va bien

Et je ne suis pas en détresse…

Et puis, je n’ai peur de rien…

Hotel…Echo…Romeo…

Victor…Echo…( et pas Hugo)…

Alpha…

Deux fois Lima, (Ni Lama, ni Alpaga…)…

India…Oscar…(Il se fait tard)…

Utha…( ou Ursule, par hasard)…

X-Ray…( mais portez-vous bien)….

Un message, ça n’a l’air de rien.

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