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Carnet de voyage

Mine de plomb sur papier H.A 19/07/2015

Mine de plomb sur papier H.A 19/07/2015

Je me suis levé et habillé avec les légers vêtements de la veille.

Je suis sorti de la maison aux volets bleus.

Il était tôt. Dans la rue qui mène droit à la plage il n’y avait personne.

Rien. Et tout m’appartenait.

Le temps était gris. Calme. Sans vent.

On entendait la mer, là bas, invisible derrière la dune.

Elle était sous les nuages gris, et la mer, elle battait le plein...

« Battre le plein », c’est un bruit merveilleux, régulier comme celui d’un cœur apaisé,

métronomique, facinant, attirant et rassurant à la fois.

Une respiration régulière, bienfaisante, tellement qu’on calque dessus le rythme de sa propre respiration. On se sent vivre, rempli de douceur, baigné de bonheur….

Puis une voiture est apparue, comme venue de la mer , en fait, sans doute du parking du club de voile, car ordinairement, les voitures ne sortent pas des flots, comme les phoques, les otaries…

La voiture était blanche. Elle ne faisait aucun bruit. Elle a tourné à gauche, avant de passer devant moi et pour se perdre dans une quelconque allée entre les villas.

C’était une hybride, d’une marque connue. Elle évoluait sous propulsion électrique.

Elle n’avait rien masqué du bruit de la mer… de la mer qui battait le plein. Elle n’avait rien dérangé dans l’ordre du monde. A peine intrusive, silencieuse, elle avait respecté le tempo de l’océan.

Elle passait, c’est tout. Comme passe le goëlan qui plane, le rayon lumineux du phare, la bas, quelque part, balayant la nue…

Calme, tranquillité, solitude souveraine et sereine….

Et le pouls de la mer bat…

La mer, un jour, elle viendra à la place où se tient la maison où j’ai passé la nuit. C’est sûr, inévitable et certain. Il n’y a que la dune comme obstacle provisoire. Et cela ne me choque pas, ne m’émeut pas. C’est inévitable…Cela fait partie de la vie de la planète. Cela a déjà eu lieu, dans des temps géologiques sans commune mesure dans leur rythme avec la durée de nos courtes vies humaines. Nous sommes des enfants dont les aïeux ont construit trop près de l’eau. Nos maisons sont des châteaux de sable et nous l’avons toujours su, mais nous le sommes caché.

La mer bat le plein. Nous construisons des voitures électriques . C’est bien, comme ce matin. Cela ne détruit pas le rêve…

Nous ne pensons pas de la bonne façon. Ce n’est pas la mer qui est un problème, son niveau, je veux dire…Nous ne posons pas les bonnes questions…Et si le problème, c’était nous ?

Diminuons les rejets des C02…Pourquoi pas. Mais combien de millions d’hectares de forêts avons nous rasés, disons, ces cinquante dernières années ?

Que dit la mer qui bat le plein ?

« Je ne suis pas contre toi, petit homme, ni avec toi. Moi je suis libre, mais si tu me crains, questionnes-toi sur tes erreurs. »

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De peu et de rien…

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C’est une île, comme ça, toute simple…

Juste avec un palmier au milieu; un petit tas de sable

qui pointe de l’océan, tout autour, deséspéré d’être toujours bleu.

C’est là, juste pour un éventuel naufragé.

Mais il n’y a pas encore de naufragé.

C’est à dire qu’il y en aura peut être un…Peut être même pas…

Il n’y aura pas de télévision pour en parler, c’est trop loin…alors le naufragé, pas rentable….

Et comme il n’y a pas, sur l’île, de bouteille échouée, il n’y aura pas de bouteille à la mer non plus !

Personne ne saura ce qui se passe sur l’île.

C’est pas comme dans le Petit Prince:

Il n’y aura pas d’aviateur qui se posera sur l’île:

Elle est prop petite, et puis il y a ce foutu palmier en plein axe d’approche…

Vous vous rendez compte, pourquoi pas un clocher, un minaret, une éolienne…

On met n’importe quoi sur les îles, de nos jours…

De toute manière, je reviens au naufragé, aucun bateau ne passe jamais dans ce coin d’océan,

et aucun avion ne le survole . C’est pour cela qu’il n’y a pas de bouteille non plus.

Faut être logique !

L’océan c’est trop grand…Les hommes y ressemblent à des fourmis embarquées sur des fétus de paille.

Il n’y a qu’une noix de coco qu’a réussi à dériver jusque là.

Il paraît que c’est un des grands mystères de la vie…

On la trouve parfois où elle ne devrait pas être…Juste pour qu’un jour Darwin passe et dise:

« Tiens, c’est l’Evolution. Si j’ai un océan, un tas de sable et une noix de coco qui donne un palmier,

je vous dis qu’un jour, il y aura un naufragé ! »

C’est curieux, vraiment curieux, trés curieux…

Les seuls qui sachent de quoi il retourne, ce sont les dessinateurs des journaux amusants.

Ils dessinent toujours la même île: celle dont je vous parle.

En fait, l’île, c’est vous, c’est moi: ce n’est pas permanent, pas durable, pas solide…juste une pensée d’île lambda.

La durée est aux pierres…

A l’homme, elle est chichement comptée…

Alors l’homme il laisse des signes, comme la noix de coco laisse un palmier,

et s’il veut faire durer, il entasse des pierres,

comme sur la photo que je vous offre en tête d’article…

Bien à vous…

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